Biographies des premiers membres de l'académie Rabelais.

 

 

 

Maurice Edmond SAILLANT dit CURNONSKY (1872-1956)

Il naît à Angers en 1872, sa mère en meurt et son père l'abandonne. Il sera donc élevé par sa grand-mère. A 18 ans il monte à Paris pour préparer Normale Supérieure mais il est attiré par le journalisme. IL veut se trouver un pseudo et l'amitié franco-russe étant au goût du jour, il choisi Curnonsky, de "cur" en latin qui veut dire pourquoi et "non" qui signifie "pas" .

En 1914 ce pseudo lui vaudra d'ailleurs d'être arrêté et incarcéré quelques jours comme "espion russe".

Il écrit dans divers journaux et va devenir entre autre un des "nègre" de Willy, le premier mari de Colette.

Curnonsky est connu pour son appétit et sa taille (1m85 et 120 kgs).

Il mettra finalement son talent d'homme de lettres et son solide appétit au service de la gastronomie et entreprend avec son ami Marcel Rouff la rédaction d'une série de brochures sur la cuisine régionale et les meilleures tables de France.

En 1927, la revue "le bon gîte et la bonne table" organise un référendum pour élire le "prince" des gastronomes. Curnonsky est choisi. Il est invité de dîners en réceptions et rempli ses fonctions avec une merveilleuse bonne grâce.

Parallèlement il poursuit son oeuvre littéraire et gastronomique. On lui doit "les recettes des provinces de France" avec A de Croze en 1933 et "les fines gueules de France" avec P. Andrieu en 1935. Il fonde également "l'académie des gastronomes" en 1930, dont il sera d'ailleurs le premier président. Tous ses membres dont Édouard de Pomiane, Maeterlinck, Paul Reboux, le marquis de Polignac, Justin Godart sont des gastronomes avertis.

Il pratique volontiers l'aphorisme à la manière de Brillat-Savarin qu'il admire beaucoup mais il cherche surtout à redonner du prestige à la cuisine bourgeoise et provinciale par opposition à la sophistication de certains grands restaurants parisiens.

Il lit énormément et a une mémoire fabuleuse. Curnonsky refuse d'associer son nom à la moindre publicité. Il a ainsi repoussé des fortunes.

En 1939 il quitte Paris et s'installe en Bretagne dans une auberge tenue par une vieille amie, à Riec-sur-Belon. C'est une très bonne cuisinière que Curnonsky a découverte lors de vacances. Il dit et écrit tout le bien qu'il pense de sa cuisine qui devient un haut lieu de la bonne chère. Il restera chez elle jusqu'à la fin de la guerre et y rédige une partie de ses souvenirs.

Après la guerre, il regagne son appartement parisien et reprend ses activités de journaliste.

Le 22 juillet 1956 il tombe par la fenêtre de son appartement et meurt, désarticulé, sur le trottoir. Il allait avoir 84 ans.

Il connut jusqu'a sa mort une gloire sans partage et fut reçu dans tous les hauts lieux de la gastronomie.

(Source Wikipedia)

 

Pierre SCIZE (1894-1956)

Pierre Scize, de son vrai nom Michel-Joseph Piot, né en 1894 à Pont-de-Chéruy, mort accidentellement à Melbourne (Australie) en 1956, fut un grand journaliste français au talent prolifique et éclectique.

Sa vocation première le conduisant vers le théâtre, il prit des cours au Conservatoire de Lyon dès 1912. Mais dès les premiers mois de la Première Guerre mondiale, un obus ennemi allait l’amputer totalement du bras gauche et mettre un terme brutal à ses projets de scène. Après une longue convalescence, il retrouva le front des opérations avec le titre de régisseur du Théâtre aux Armées.

Le metteur en scène et comédien Jacques Copeau ayant eu l’occasion de le remarquer, lui proposa après l’Armistice de le suivre, dans le même emploi, à New York pour une longue tournée d’après-guerre qui se révéla triomphale. À son retour, Michel-Joseph Piot (il n’était pas encore Pierre Scize) eut l’idée d’écrire le récit de ce voyage, ce texte tomba sous les yeux du directeur du journal L'Œuvre, qui proposa de le publier. Ainsi notre homme naquit-il au journalisme.

La naissance de son pseudonyme est originale. Le grand journaliste Jean Piot (aucune parenté mais beaucoup d’amitié) écrivait déjà à L’œuvre. Un des deux Piot devait donc trouver une autre signature. Le sort tomba logiquement sur le plus récemment entré au journal. Un jour qu’il flânait sur le vieux quai Pierre Scize à Lyon, Michel Joseph se dit qu’il pourrait en faire un prénom et un nom. Car à l’origine, le quai Pierre Scize ne devait rien à un homme mais signifiait un lieu dit : la « pierre sciée » (rocher fendu, peut être par la foudre, au Moyen Âge) sciée se transformant en scize en vieux français, mot sans doute issu lui même du latin scitus (scié). Le quai s’appelait donc peut-être à l’origine « quai de la pierre scize ». C’est sans doute le seul exemple qu’un homme prenne le nom d’un quai au lieu de le lui donner.

Après L’Œuvre, puis Bonsoir, Maurice Maréchal, fondateur et directeur du Canard enchaîné, allait s’attacher le talent déjà reconnu de Pierre Scize. Mais en 1933 ce dernier allait être spectaculairement congédié de l’hebdomadaire satyrique. Son crime ? Il venait de recevoir la Légion d'honneur, décernée à titre militaire pour le bras laissé au champ d’honneur. Or tout rédacteur s’engageait à refuser toute décoration officielle décernée à titre professionnel ou purement honorifique, ce qui n’était pas le cas en l’occurrence. Mais le Canard ne pouvait commencer à accepter les exceptions. Cette rupture, largement commentée, allait faire date dans l’histoire de la presse française du XXe siècle.

Pierre Scize travaille alors pour Candide (critiques cinéma et théâtre) et pour Paris Soir, où ses grands reportages aux quatre coins du monde élargissent sa notoriété. La Seconde Guerre mondiale le retrouve à Lyon, ville de toute sa jeunesse. Il y entre très vite dans la Résistance, non armée mais littéraire (nombreux articles dans la presse clandestine et organisation de réseaux de pensées, tous dirigés contre l’occupant) et tisse un réseau d’amitié et de réconfort, matériel autant que moral, avec l’équipe rédactionnelle du Figaro, le quotidien national s’étant volontairement sabordé le jour de l’entrée des Allemands dans Paris et ayant promis à ses lecteurs de ne reparaître que le jour où la France se serait libérée du joug de l’occupant.

Ce jour venu, Pierre Scize est tout naturellement invité à rejoindre le Figaro, redevenu un journal libre et parisien. Il va alors aborder un genre nouveau pour lui : la chronique judiciaire. Il couvre les grands procès de l’épuration, ceux de Pétain, de Nuremberg, du docteur Petiot, plus tard ceux de Marie Besnard, de Gaston Dominici (voir Affaire Dominici) et tant d’autres, comptes rendus judiciaires qui en font vite le premier chroniqueur de son temps, ainsi que le diront de glorieux successeurs, tels que James de Coquet ou Frédéric Potecher. Parallèlement, il publie dans le Figaro de grandes enquêtes sur les problèmes de société de l’Après-guerre.

Mais il va donner encore de nouvelles preuves de son éclectisme. En 1953, Pierre Brisson, le directeur du Figaro lui propose comme un amical pari d’écrire sur le Tour de France ! Or, à part de l’alpinisme au temps de ses deux bras, il n’a jamais pratiqué le moindre sport. Mais il accepte et va écrire, trois étés durant, de savoureuses chroniques sur l’ambiance et les à-côtés du Tour, laissant bien sûr la partie purement sportive de la grande épreuve cycliste à des confrères spécialisés. Ce genre assez nouveau dans la presse va inspirer au grand romancier Antoine Blondin vingt ans d’extraordinaires chroniques dans L'Équipe.

En 1956, Pierre Brisson demande à Pierre Scize de partir pour Melbourne et d’écrire sur les Jeux olympiques le même genre de chroniques que sur le Tour. Là encore, il va relever le défi. Mais le dernier jour des Jeux, à l’heure même où Alain Mimoun remporte la médaille d’or du marathon, Pierre Scize est renversé par une voiture et décède un peu plus tard à l’hôpital, à l’âge de 62 ans.

En dehors de sa considérable production journalistique, Pierre Scize a laissé quelques romans (Gens des Cimes, Pernette et son amour, Le plus bel ivrogne du quartier, La belle de Cargèse, L’or du temps), des essais et des récits (Lyon dans les Chaînes, Aux vendanges de Bourgogne, Rencontrés sur la route, Vingt Dieux de République, biographie libre de Georges Clemenceau, Au grand jour des Assises) et des pièces de théâtre (Dormez-vous ?, Gens de la Lune ).

(Source Wikipedia)

 

André BERRY (1902-1986)

André Berry est né à Bordeaux le 1er août 1902 et décédé à Paris le 7 octobre 1986. Il est enterré à Quinsac (Gironde). Fils d'un cadre de la Compagnie Transatlantique, il fit ses études au lycée Rollin puis Condorcet. Licencié en anglais, il fut professeur à Charlemagne, Voltaire et Saint-Louis à Paris.

Il écrit à propos de Quinsac : "Votre modeste cité, faisant de moi son citoyen d'honneur m'a fait un honneur et un plaisir très grands (...) tant il est vrai que le sol qu'ont foulé nos premiers pas reste pour chacun de nous un sol sacré, magique, dont les fleurs, dont les fruits ont plus de prix à nos yeux que toutes les autres fleurs, que tous les autres fruits."

En 1957, il est le lauréat du Grand prix de Poésie de l'Académie française.

(Source Wikipedia)

 

Julien PAVIL (1895-1952)

Fils du peintre Elie Anatole PAVIL, julien PAVIL (1895-1952) fut un illustrateur, un dessinateur humoriste et un affichiste. Il illustra plusieurs livres entre 1929 et 1945. Il travailla pour de nombreux journaux illustrés : “la baionnette”, “cinémonde”, “Fantasio”, “frou-frou”, “Paris midi”, “Paris soir”, ... Il fut aussi, un temps, le secretaire de la commune libre de Montmartre.

(Source Wikipedia)

 

Yves GANDON (1899 - 1975)

À la fois poète, romancier, journaliste et critique littéraire, Yves Gandon publia son premier recueil de poèmes, Ventres de Guignol, en 1922. Jusqu’en 1950, quatre volumes de poésie furent édités, dont le plus connu est Blason de la mélancolie (1933). Son œuvre romanesque est particulièrement marquée par Le Pré aux Dames, « chronique romanesque de la sensibilité française » en douze volumes (1942-1966), qui dresse un vaste panorama à travers le regard privilégié de personnages féminins. Yves Gandon a écrit plusieurs essais, dont Le Démon du style (1938), Du style classique (1972), et des essais historiques (En pays singulier, 1949 ; L’Extrême-Orient sans étoile rouge, 1958 ; L’Amérique aux Indiens, 1960). Il fut également président de la Société des Gens de lettres de 1957 à 1959, président du P.E.N. Club français en 1967.

(Source Wikipedia)

 

 

Kléber HAEDENS (1913-1976)

Kléber Haedens fut un «écrivain du bon plaisir». Amoureux du foie gras, du bel canto et de la tauromachie, chantre du ballon ovale et mousquetaire de la critique, il eut pour frères d'armes Roger Nimier, Paul Morand, Antoine Blondin ou Michel Déon. Ses romans - Salut au Kentucky, Adios, L'été finit sous les tilleuls - échappent aux modes livresques et son Histoire de la littérature française est une fraîche promenade au jardin des lettres. Surnommé par Blondin «le fratriarche», il vécut les nuits montparnassiennes avant de quitter, en 1953, Paris, «cette minuscule marmite», pour les délices de la province toulousaine. Ennemi du «littérairement correct», il fustigea les œuvres grises et le désespoir érigé en dogme et écrit: «Il faut faire ce que l'on veut, dans les romans comme dans la vie.»

(Source Wikipedia)

 

Paul GORDEAUX (1891-1974)

Paul Gordeaux, né Philippe Gordolon, Officier de la Légion d'honneur est un journaliste, historien, critique dramatique et homme de lettres français, il est né le 4 avril 1891 à Nice et mort dans la même ville le 4 mars 1974. Académicien de l'humour, il est aussi auteur de revues, d’opérettes, de comédies, créateur des bandes dessinées verticales pour France Soir, Le crime ne paie pas et Les Amours célèbres.

Créateur du mot « bla-bla-bla », « blabla » ou « blablabla ».

(Source Wikipedia)

 

Raymond SOUPLEX (1901-1972)

Fils d'un fonctionnaire de l'assistance publique, et le cadet d'une famille de quatre enfants, il tente de rentrer au conservatoire en 1920, mais il échoue. En parallèle à ses études de droit au lycée Louis-le-Grand et à son premier emploi de clerc, il compose des chansons et écrit des sketches au cours des années 30.

Il devient chansonnier et tourne dans des cabarets et cafés-théâtres parisiens, dont le Caveau de la République et le Théâtre des Deux Ânes. C'est durant cette période qu'il rencontre Jane Sourza qui devient sa complice pendant de nombreuses années et non sa compagne comme on a pu le croire longtemps.

Dès 1935, il participe aux émissions radiophoniques de Radio Cité avec Noël-Noël, Saint-Granier et Jane Sourza. Avec cette dernière, il interprète le rôle d'un clochard philosophe dans l'émission humoristique « Sur le banc ». De cette émission sera tiré en 1955 le film du même nom de Robert Vernay ou il tient le rôle principal du clochard.

Durant la seconde guerre mondiale, Raymond Souplex continue à se produire, par exemple au Théâtre de Dix-Heures, au Théâtre des Deux Ânes, ou sur Radio Paris. Il participe aussi, avec d’autres artistes comme Fréhel et Lys Gauty, à une tournée dans les usines du IIIème Reich où travaillent de nombreux Français du STO. Ce qui lui vaudra un blâme à la libération. Après la guerre, il reprend son émission "Sur le banc" sur l'antenne de Radio Luxembourg de 1949 à 1963.

Sa carrière cinématographique démarre en 1939, avec le film Sur le plancher des vaches de Pierre-Jean Ducis avec Noël-Noël, alors que Raymond Souplex a déjà une certaine popularité.

En 1940, dans Les surprises de la radio de Marcel Paul, il joue son propre rôle au milieu d'autres grandes vedettes de l'époque.

Il faut attendre la Libération pour revoir Souplex sur les écrans. En 1948, Henri-Georges Clouzot l'engage dans « Manon » aux côtés de Cécile Aubry, Serge Reggiani et Michel Bouquet.

En 1957, Claude Loursais le choisit pour devenir l'acteur principal de la série télévisée policière française Les Cinq Dernières Minutes, où il incarne l'inspecteur (puis commissaire en 1965) Antoine Bourrel.

L'acteur et son personnage sont restés fameux en raison de l'exclamation : « Bon dieu ! Mais c'est bien sûr ! », entendue à la fin de chaque épisode lorsque la résolution de l'énigme s'impose à l'enquêteur et que celui-ci s'adresse directement au téléspectateur pour l'inviter à le suivre dans ses raisonnements. Il compose personnellement son personnage : la coupe à la brosse et la moustache (postiche), la gabardine, le nœud papillon, le chapeau rond. La collaboration avec Claude Loursais dure 56 épisodes de 1958 à 1972.

Bourrel est secondé dans la série par Jean Daurand : l'inspecteur Dupuy. Raymond Souplex jouera durant cette fameuse série avec bon nombre d'acteurs célèbres ou devenus célèbres : Françoise Fabian, Ginette Leclerc, Serge Gainsbourg, Pierre Brasseur, Henri Virlogeux, Bernard Fresson, Henri Crémieux, Jacques Monod, Yves Rénier, Henri Tisot, Gérard Hernandez, Marcel Bozzuffi, Michel Bouquet, Marthe Mercadier, Raymond Gérôme, Jean-Pierre Cassel...

L'acteur décède des suites d'un cancer du poumon à l'âge de 71 ans, pendant le tournage du 56e épisode : « Un gros pépin dans le chasselas ». Cet épisode n'étant pas achevé, Claude Loursais et Claude-Jean Bonnardot décident d'introduire un juge d'instruction flanqué d'un greffier et d'user d'un artifice scénaristique pour compléter le tournage. Le juge est joué par Jacques Bouvier. Cet épisode sera diffusé le 7 novembre 1973.

Raymond Souplex est inhumé dans l'agréable mais peu connu, cimetière de Gentilly. Un square du dix-huitième arrondissement de Paris, arrondissement où il a longtemps habité, au coin des rues Montcalm et Marcadet, porte son nom.

Perrette Souplex est la fille de Raymond Souplex. Actrice elle-même, elle a joué le rôle de « Perrette Bourrel » dans l'épisode « Le dernier cri » en 1996, un des derniers de la série.(Source Wikipedia)

 

André Warnod (1885-1960)

 Né à Giromagny le 24 avril 1885 et mort à Paris le 10 octobre 1960, écrivain, critique d'art et dessinateur.

André Warnod fut le premier à lancer l'appellation École de Paris dans un article de Comoedia publié le 27 janvier 1925 et qu'il reprit en octobre de la même année en introduction de son livre Les Berceaux de la jeune peinture.

(Source Wikipedia)

 

Henri JEANSON (1900-1970)

Il naît le 6 mars 1900, à Paris, d'un père instituteur. En 1917, après divers petits métiers (futur pacifiste, il occupe ainsi un rôle de figuration de soldat dans une carte "porte-bonheur" pour un marchand de cartes postales...).

Il devient journaliste au journal « La Bataille », organe de la CGT. Remarqué pour sa plume redoutable, il est journaliste dans les années vingt et intervient comme reporter, comme interviewer ou critique de cinéma, et se distingue par la virulence de son style et un goût prononcé pour la polémique.

Il travaille dans divers journaux dont le « Journal du peuple », les « Hommes du Jour », le « Canard enchaîné », où il défend le pacifisme intégral.

En avril 1932, il se fait remarquer par sa célèbre apostrophe au préfet de police Jean Chiappe parue dans les Hommes du Jour d'Henri Fabre. Le titre était Little flic Quiappe, préfet sur talonnettes. Il y ajoutait le post-scriptum suivant : « Lorsque j'ai déménagé, j'ai envoyé à M. Quiappe la carte suivante : Henri Jeanson, 14, rue de la Fontaine, Auteuil 33-12. Et j'ai ajouté de ma main sur cette carte : Pour tous renseignements s'adresser à la concierge. Au cas où, selon sa louable habitude, M. Quiappe voudrait, soit mettre de la coco dans mes poches, soit me compromettre dans j'ignore quelle affaire, il sait où me trouver : 14, rue La Fontaine, 2e étage à droite. La sonnette fonctionne. »

Il démissionne du Canard enchaîné en 1937, par solidarité avec Jean Galtier-Boissière.

Il est condamné en juillet 1939 à 18 mois de prison pour avoir publié dans SIA (Solidarité Internationale Antifasciste), le périodique fondé en novembre 1938 par Louis Lecoin, un article dans lequel il félicitait Grynspan Herdsel Feibel pour son attentat contre Von Rath, conseiller à l'ambassade d'Allemagne à Paris. Il est arrêté, en novembre 1939, alors qu'il a déjà rejoint son régiment à Meaux, pour des articles parus en mars et août 1939 et pour avoir signé le tract de Louis Lecoin « Paix immédiate ». Le 20 décembre 1939, il est condamné par un tribunal militaire à 5 ans de prison pour « provocation de militaires à la désobéissance ».

Jeanson était en prison pour ses écrits pacifistes, et ce quelques jours avant l'entrée des Allemands à Paris. Sa levée d'écrou est obtenue par César Campinchi, avocat et ministre. Il ne quitta pas Paris et entra en contact avec un mandataire des halles, M.Capgras, et se vit confier en août 1940, la rédaction en chef d'Aujourd'hui, un journal « indépendant ». Le premier numéro sortit le 10 septembre 1940. En novembre 1940, les autorités allemandes sommèrent le polémiste de prendre publiquement position contre les juifs et en faveur de la politique de collaboration avec l'État français. Henri Jeanson démissionna, puis retourna en prison. Il fut libéré quelques mois après, suite à l'intervention de son ami Gaston Bergery, néoradical passé à la collaboration par ultra-pacifisme. Interdit désormais de presse et de cinéma, il travaille au noir, écrivant des dialogues de films qu'il ne signe pas. Avec Pierre Bénard, il participe à l'élaboration de feuilles clandestines, et manque d'être encore une fois arrêté en 1942. Il restera dans la clandestinité jusqu'à la Libération.

Ce parcours illustre les contradictions et compromissions du pacifisme intégral : la volonté d'aboutir à une entente avec l'Allemagne pour éviter la guerre, sut se transformer, après la défaite en désir de « coexistence » correcte, voire en offre de service. Le journal Aujourd'hui était loin d'être innocent dans sa chasse aux responsables de la défaite, dans le recours au mythe du coup de balai purificateur, dans son anglophobie. Il entrait en résonance avec le discours du maréchal Pétain, et dans le sens de la propagande allemande.

Malgré son parcours pendant la guerre, il retrouva la rédaction du Canard enchaîné à la Libération. Il reprend alors son métier de journaliste (au « Crapouillot », au « Canard enchaîné », à « Combat », à « l'Aurore »). Il part de la rédaction du Canard enchaîné en avril 1947, suite à un article coupé sur le sujet « Aragon, Elsa Triolet, Maurice Thorez et les communistes ». Ce départ fut l'occasion d'éclats, et de règlements de comptes dans la presse. Il revint ensuite au journal, et publia des articles dans le Canard enchaîné (où il signait ses philippiques du pseudonyme d'« Huguette ex-Micro ») jusqu'en 1970. Il participe à « Cinémonde » . De 1967 à 1970, il est critique de télévision pour le quotidien L'Aurore.

Il fut redouté dans le monde des arts et de la politique pour ses formules assassines. Il a également mené, en avant garde, de grands combats politiques (pacifisme, anticolonialisme, défense de la liberté d'expression), tout en demeurant toujours un homme libre.

Henri Jeanson a abandonné le cinéma en 1965 pour se consacrer au journalisme polémique et à la rédaction de ses mémoires, qui seront publiés sous le titre 70 Ans d'adolescence, quelques mois après sa mort. Il est mort à Équemauville, près de Honfleur (Calvados) le 6 novembre 1970.

(Source Wikipedia)

 

Jean SENNEP (1894-1982)

Jean Sennep (ou Jehan Sennep), de son vrai nom Jean-Jacques Pennès, (1894-1982) était un dessinateur de presse et un caricaturiste français.

Il est considéré comme un des plus grands illustrateurs de la presse française. Homme de droite ayant toujours clairement affiché son anti-communisme dans ses dessins, il a collaboré à de nombreux journaux, dont Candide et Le Figaro. Il a illustré plusieurs pamphlets anti-républicains de Léon Daudet (de l'Action française) au début des années 30. Les caricatures de Léon Blum qu'il dessine à cette époque sont particulièrement connues. Cependant, lorsque Cabrol, dessinateur communiste, sera attaqué par Hitler suite à une caricature dans un journal luxembourgeois, il soutiendra son confrère. En 1941, il se rallie à De Gaulle. Il a influencé beaucoup de caricaturistes, notamment Jean Effel et Jacques Faizant. Il participe brièvement au Canard enchaîné à la Libération. Jusqu'à son départ en retraite, en 1967, il est le dessinateur attitré du Figaro. Pendant plusieurs années et au moins jusqu'à la fin des années 70, l'hebdomadaire royaliste « Point de Vue - Images du Monde » publie dans chaque numéro une caricature de Sennep.

Son style de caricature est très scholastique : précieux, au trait élégant, les caractéristiques des personnages sont exagérées à l'extrême ; les gros sont énormes, les maigres sont filiformes et souvent, les personnages (majoritairement des politiques) ont des difformités qui rappellent leur fonction ou un fait d'actualité qui les touche. Ainsi n'hésite-t-il pas, par exemple, à transformer en champignon nucléaire Jean-Jacques Servan-Schreiber pour se moquer du combat de ce dernier contre les essais nucléaires français dans les années 70.

(Source Wikipedia)